« To be kind » des Swans n’a justement pas envie d’être aimable

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Ceci n’est pas un blog gothique. J’ai pourtant envie de vous conseiller le beau, brut et acre dernier album des Swans. Dense et sans compromis, sorti sur leur propre label Young God Records. « To be kind », est double, comme ses prédécesseurs. Ce qui rend d’autant plus précieuse la plénitude lyrique qui survient sans coup férir au détour de ses martèlements rythmiques hantés.

Ce groupe issu de la no-wave new-yorkaise mené par Michael Gira continue de peindre d’opaques natures mortes mêlant primitivisme rock, grondements vocaux néandertaliens, accords ciselés de violon ou mandoline comme francs dérapages bruitistes. Là où Nick Cave peut lasser dans sa posture de Dandy ténébreux, les Swans perfectionnent un peu plus à chaque album leur maelstrom poly-instrumental hérité des symphonies pour guitares électriques de Glenn Branca. Ici, la voix n’est pas là pour porter une mélodie mais se révèle un instrument parmi les autres.

Depuis 1983 et leur album « Filth », bloc de bile, de métal concassé et d’humeur noire, les Swans ne dorment pas. Ils veillent sur nos angoisses, nos peurs paniques et nos remords. Répétant ad nauséam un fascinant et orageux chant du cygne.

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