« Les nuits de la pleine lune » d’Éric Rohmer

« Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd la raison »

Ce qui a longtemps été un de mes Rohmer préférés – pour la musique d’Elli & Jacno, la précision horlogère avec laquelle les êtres sont mis en scène, les performances incroyables de Pascale Ogier ou de Fabrice Luchini – m’apparaît aujourd’hui légèrement dévalué. Si à l’époque où il filmait, Rohmer enregistrait impeccablement les tatonnements et déconvenues d’une génération qui expérimentait encore l’émancipation des femmes, le propos a vieilli. Et la morale austère de Rohmer résonne funestement en 2014, quand la pauvre Pascale Ogier, aussi agaçante et allumeuse qu’elle soit, se retrouve à la rue juste parce qu’elle a voulu expérimenter en toute liberté et jouir de son pouvoir de séduction.

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