« L’argent » de Robert Bresson, atemporelle rigueur au cinéma

En avoir ou pas. « L’argent ». Dernier film de Robert Bresson, sorti en 1983, année du « tournant de la rigueur ». En 2014, il n’y avait même pas eu de tournant, on y était déjà, à la rigueur. Mais ça n’empêchait pas tout le monde de faire des petites blagues. Hollande n’a « ni les moyens, ni la volonté de dégager 50 milliards d’économies ». Peut être qu’il lui reste la capacité de prier ? Pendant ce temps-là, Les Business Angels sont freinés par l’incertitude fiscale. Les anges se mèlent de business, à moins que ce ne soient certains « business-men » qui se prétendent « anges ». Il n’y a plus de sous dans les caisses de « Libé » mais Philippe Starck trouve l’idée des actionnaires « pertinente » (et pour cause : il en sortirait auréolé et rétribué).

Travailler le dimanche pour payer sa voiture, payer sa voiture pour aller travailler

Black Sunday

Au boulot les français !

C’est la petite musique actuelle du Medef qu’on peut entendre en arrière fond du débat sur le travail le dimanche. Medef dont les représentants les plus radicaux comme Denis Kessler, interviewé dans Les Echos, refont surface. Cette comptine sur le travail le dimanche fait écho à l’anthologique « travailler plus pour gagner plus » de notre ex-président préféré. Certains bossent tellement aujourd’hui qu’ils n’ont plus le temps de consommer, rendez-vous compte !

Alors il est question de supprimer un jour férié à des dizaines de milliers de salariés. D’après NKM, candidate à la mairie de Paris en 2014, l’extension du travail le dimanche dans la capitale « permettrait de créer au moins 10.000 emplois supplémentaires ». Quand on voit où ça a mené les patrons du Virgin Megastore des Champs Elysées de vouloir à tout prix être ouverts le dimanche, je ne peux m’empêcher de penser que cette histoire de brèche dans le droit du travail sent la fuite en avant.

Mais Benoît Hamon a beau râler contre les enseignes qui se mettent volontairement hors la loi, le gouvernement, tétanisé par le chômage et la misère généralisée, en est réduit à essayer de céder le moins possible face à la gourmandise du capital et du patronat.

Où sont passés ceux qui pensent qu’on résorbera le chômage en réduisant le temps de travail comme Pierre Larrouturou ? Au secours Mister, faîtes vous entendre, on a besoin de votre voix en ce moment !

L’époque où on prenait son vélo en famille pour aller prendre le frais à la guinguette ou enfin lire un peu dans son jardin serait définitivement révolue ? Les français n’aspireraient plus qu’à déambuler pendant des plombes dans les travées d’Ikea pour consommer comme des tarés à grand renforts de « credit revolving » ?

Bon en tout cas moi le dimanche, c’est pas demain la veille que j’écouterais « Sunday bloody sunday » en cherchant des fournitures électriques ou des pots de peinture, je vais plutôt me rabattre sur « Black Sunday », excellent album de hip hop de Cypress Hill, les maîtres de la nonchalance nasillarde…

À défaut d’être allemande, l’alternative peut-elle être anglaise ?

Ed Miliband, Leicester 19/4/11

On regarde souvent la gauche britannique et le « Labour » avec dédain en France. Condescendance de « froggies » sans-culotte vis-à-vis d’un pays qui n’a pas su exproprier sa « Queen » ?

Pourtant, pas mal de socialistes français feraient bien de s’inspirer d’Ed Miliband, le nouveau leader du parti travailliste brittanique. Lors du congrès annuel de son parti le mardi 24 septembre 2013 , Ed Miliband n’y est pas allé par quatre chemins. Pressant les promoteurs immobiliers brittaniques de construire sur leurs acquis fonciers pour enrayer la spéculation (la City va faire grise mine) et commencer à endiguer le flux des « homeless ».

Sous peine de voir les terrains de ces mêmes promoteurs saisis par L’État !

On est loin de tels discours en France, où le prix de l’immobilier reste prohibitif, avec la misère qui se radicalise, de plus en plus omniprésente dans la rue, en bas des immeubles…

Bon ce n’est pas demain que la Grande-Bretagne en terminera avec ses ghettos et ses barres comme on en voit sur la pochette du premier album de The Streets. Mais on va finir par se dire qu’il est plus facile de faire preuve de courage politique à la marge de l’Europe Continentale plutôt qu’au sein même de l’Union Européenne.

The Streets