Travailler le dimanche pour payer sa voiture, payer sa voiture pour aller travailler

Black Sunday

Au boulot les français !

C’est la petite musique actuelle du Medef qu’on peut entendre en arrière fond du débat sur le travail le dimanche. Medef dont les représentants les plus radicaux comme Denis Kessler, interviewé dans Les Echos, refont surface. Cette comptine sur le travail le dimanche fait écho à l’anthologique « travailler plus pour gagner plus » de notre ex-président préféré. Certains bossent tellement aujourd’hui qu’ils n’ont plus le temps de consommer, rendez-vous compte !

Alors il est question de supprimer un jour férié à des dizaines de milliers de salariés. D’après NKM, candidate à la mairie de Paris en 2014, l’extension du travail le dimanche dans la capitale « permettrait de créer au moins 10.000 emplois supplémentaires ». Quand on voit où ça a mené les patrons du Virgin Megastore des Champs Elysées de vouloir à tout prix être ouverts le dimanche, je ne peux m’empêcher de penser que cette histoire de brèche dans le droit du travail sent la fuite en avant.

Mais Benoît Hamon a beau râler contre les enseignes qui se mettent volontairement hors la loi, le gouvernement, tétanisé par le chômage et la misère généralisée, en est réduit à essayer de céder le moins possible face à la gourmandise du capital et du patronat.

Où sont passés ceux qui pensent qu’on résorbera le chômage en réduisant le temps de travail comme Pierre Larrouturou ? Au secours Mister, faîtes vous entendre, on a besoin de votre voix en ce moment !

L’époque où on prenait son vélo en famille pour aller prendre le frais à la guinguette ou enfin lire un peu dans son jardin serait définitivement révolue ? Les français n’aspireraient plus qu’à déambuler pendant des plombes dans les travées d’Ikea pour consommer comme des tarés à grand renforts de « credit revolving » ?

Bon en tout cas moi le dimanche, c’est pas demain la veille que j’écouterais « Sunday bloody sunday » en cherchant des fournitures électriques ou des pots de peinture, je vais plutôt me rabattre sur « Black Sunday », excellent album de hip hop de Cypress Hill, les maîtres de la nonchalance nasillarde…

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Le disque ne tourne plus rond à la Fnac

Comment l’ex-Fédération nationale d’achat des cadres Fnac a muté depuis les années 50, passant d’une enseigne militante et focalisée sur la culture à un groupe mondialisé côté en bourse qui ne parvient plus à trouver la rentabilité. Jusqu’à scier aujourd’hui sa branche disquaires en supprimant 180 postes.

Max Théret et André Hessel, militants de la gauche radicale s'associent en 1954 pour créer la Fédération nationale d'achat des cadres (Fnac). L'enseigne spécialisée dans les loisirs pour classes aisées mais aussi les produits culturels adoptera le slogan "agitateur culturel depuis 1954".

Max Théret et André Essel, militants marxistes, s’associent en 1954 pour créer la Fédération nationale d’achat des cadres (Fnac). Sept ans plus tard, elle se lance dans le disque. L’enseigne spécialisée dans les loisirs pour classes aisées mais aussi les produits culturels adoptera le slogan « agitateur culturel depuis 1954 ».

Cinq ans après le chantier pharaonique de la construction du Forum des Halles, la Fnac y ouvre son troisième magasin sur 6.000 m².

Cinq ans après le chantier pharaonique de la construction du Forum des Halles, la Fnac y ouvre son troisième magasin sur 6.000 m² en 1979.

La Fnac est rachetée en 1985 par la GMF, alors dirigée par le franc-maçon Michel Barouin, père de François Barouin, futur "bébé Chirac" et ministre sous Sarkozy.

La Fnac est rachetée en 1985 par la GMF, alors dirigée par le franc-maçon Michel Barouin, père de François Barouin, futur « bébé Chirac » et ministre sous Sarkozy.

Fait peu connu, la Fnac est un empire international avec des magasins au Brésil, en Suisse, au Maroc, au Portugal. Ici un de ses navires amirals à Madrid en Espagne.

Fait peu connu, la Fnac est un empire international avec des magasins au Brésil, en Suisse, au Maroc, au Portugal. En Allemagne, la greffe n’a pas pris. Ici un de ses navires amiraux à Madrid en Espagne.

La famille Pinault, une des principales dynasties capitalistes françaises, met la main sur la Fnac en 1994, qui l'intègre à PPR.

La famille Pinault, une des principales dynasties capitalistes françaises,
ici représentée par François-Henri Pinault, met la main sur la Fnac en 1994, qui l’intègre à PPR.

FNAC Nantes 1996_006

La Fnac implante un de ses plus gros magasins en région en 1996 à Nantes,
dans l’ex-Palais de la Bourse.
Un endroit naguère dédié au commerce du vin.

Chahutée par la chûte des ventes de CD et le téléchargement illégal, la Fnac opte pour une nouvelle génération de magasins davantage axés high tech et informatique, avec un nouveau logo vert.

Chahutée par la chûte des ventes de CD et le téléchargement illégal, la Fnac opte à partir de 2006 pour une nouvelle génération de magasins « dits de périphérie », davantage axés high tech et informatique, avec un nouveau logo vert.

La Fnac annonce un plan d'économies de 35 millions d'euros en 2009 touchant 400 postes et ferme son magasin spécialisé en musique à Paris Bastille.

La Fnac annonce un plan d’économies de 35 millions d’euros en 2009 touchant 400 postes et ferme son magasin spécialisé en musique à Paris Bastille.

180 suppressions de postes de disquaires sur 800 sont annoncées dans 63 magasins sur 103, en région et en Ile de France mais pas à Paris. Le marché du disque, qui a touché le fond après avoir été divisé par deux depuis 2004, reprend enfin des couleurs avec + 6,1 % de croissance. Mais visiblement pas assez vite pour la Fnac,  introduite en Bourse depuis juin 2013.

180 suppressions de postes de disquaires sur 800 sont annoncées dans 63 magasins sur 103, en région et en Ile de France mais pas à Paris. Le marché du disque, qui a touché le fond après avoir été divisé par deux depuis 2004, reprend enfin des couleurs avec + 6,1 % de croissance. Mais visiblement pas assez vite pour la Fnac, qui a fait son retour en Bourse depuis juin 2013.

Un noir désir en noir et blanc

Un Noir Désir

Encore une polémique qui va alimenter le « buzz ». La maison de disques de Détroit, le nouveau projet de Bertrand Cantat, a décidé d’en changer la date de sortie du 25 novembre, « innocemment » choisie au départ alors qu’elle correspond à la journée internationale contre les violences faîtes aux femmes.

Tout noir ou tout blanc. Ce qui m’avait frappé à l’époque du drame de Vilnius, c’était les réactions épidermiques, avec un climat de guerre des sexes, autour de l’affaire. La plupart des hommes prenaient la défense de Bertrand Cantat. Tandis que la grande majorité des femmes défendaient la position de la famille Trintignant. Comme si dans ce drame de la passion, violent,  on était obligé de prendre parti selon son sexe. Personnellement, j’ai toujours trouve que ce gros balourd, cet idéaliste en carton pâte de Cantat avait bien merdé. Point barre.

Le culte « Un noir désir » de mon ami Andy Vérol (épuisé aux éditions Scali mais réédité chez Pimientos) permet de prendre encore un peu plus de recul sur cette histoire.

À défaut d’être allemande, l’alternative peut-elle être anglaise ?

Ed Miliband, Leicester 19/4/11

On regarde souvent la gauche britannique et le « Labour » avec dédain en France. Condescendance de « froggies » sans-culotte vis-à-vis d’un pays qui n’a pas su exproprier sa « Queen » ?

Pourtant, pas mal de socialistes français feraient bien de s’inspirer d’Ed Miliband, le nouveau leader du parti travailliste brittanique. Lors du congrès annuel de son parti le mardi 24 septembre 2013 , Ed Miliband n’y est pas allé par quatre chemins. Pressant les promoteurs immobiliers brittaniques de construire sur leurs acquis fonciers pour enrayer la spéculation (la City va faire grise mine) et commencer à endiguer le flux des « homeless ».

Sous peine de voir les terrains de ces mêmes promoteurs saisis par L’État !

On est loin de tels discours en France, où le prix de l’immobilier reste prohibitif, avec la misère qui se radicalise, de plus en plus omniprésente dans la rue, en bas des immeubles…

Bon ce n’est pas demain que la Grande-Bretagne en terminera avec ses ghettos et ses barres comme on en voit sur la pochette du premier album de The Streets. Mais on va finir par se dire qu’il est plus facile de faire preuve de courage politique à la marge de l’Europe Continentale plutôt qu’au sein même de l’Union Européenne.

The Streets

Autant de gens que de voyages

Affiche BM du seigneur

Quel est le mode de vie le plus « en confrontation » avec l’intérêt collectif  ?

Celui qui vole une voiture de luxe ? Ou celui qui tire sa richesse du travail des salariés d’un pays tout en plaçant cette richesse, via la ruse fiscale, dans un autre pays ?

La France est le produit des immigrations successives. Pourquoi les roms seraient ils moins assimilables que les espagnols, les italiens, les arabes, les africains ou même les bretons ? Pourquoi stigmatiser des populations qui vivent pour la plupart dans une misère noire, misère qui les conduit d’ailleurs à d’effrayantes extrémités ?

Si on veut éviter les amalgames douteux, on évitera quand même de mettre dans le même sac les Roms souvent originaires de Roumanie et de Bulgarie mais aussi d’Italie et de Slovaquie avec les gens du voyage, citoyens français. Qu’ils se nomment gitans, manouches ou yéniches.

Revoir à ce propos le superbe « La BM du Seigneur » de Jean-Charles Hue, fiction hantée se déroulant dans le réceptacle à passions à ciel ouvert constitué par un camp de Yéniches près de Beauvais dans l’Oise.

Rayons du soleil qui tapent à l’aube sur la carlingue de la BMW totem. Flamèches du feu de camp qui éclaboussent en étincelles les joutes oratoires nocturnes. Gamins anges aux prunelles brûlantes qui se roulent dans les champs ocres.

Une autre idée de la liberté.